Municipales à Montpellier : quels candidats s’engagent à préserver la Cité Bergère ?

La majorité des candidats aux municipales se sont engagés à préserver la dernière parcelle agricole du centre-ville, mais pas tous. A votre avis, lesquels ?

Par Gil Martin

Publié le 5 mars 2026 à 7h02

Ce mardi 3 mars, à moins de 15 jours du premier tout du scrutin municipal, le collectif de citoyens « Préservons la Cité Bergère » a tenu à rencontrer la presse à la brasserie du Dôme pour révéler quels candidats aux municipales se sont engagés à tout faire pour préserver la Cité Bergère, dernière parcelle agricole encore en activité du centre-ville montpelliérain mais menacée par un projet immobilier.

Un projet pour maintenir l’activité agricole 

« Pendant la campagne, nous avons convié les candidats aux municipales à Montpellier à venir nous rencontrer sur place pour signer un engagement visant à stopper le projet immobilier (plus de 70 logements prévus sur une partie de la parcelle agricole) et à soutenir et faciliter la mise en place d’une ferme urbaine sur l’ensemble du terrain actuellement cultivé », rappelle Julien Laurentz, membre du collectif et nouveau président de l’association des vrais amis du Père Prévost.   

Trois candidats n’ont pas signé

A l’heure des comptes, le collectif (qui n’a pas souhaité contacter le RN pour cette opération) confirme que trois élus n’ont pas signé en faveur de la préservation intégrale de la Cité Bergère : Michaël Delafosse (PS), Isabelle Perrein (DVD) « surtout parce qu’elle doute du projet de ferme urbaine », concède le collectif et la candidate de Lutte Ouvrière, Morgane Lachiver.

« Michaël Delafosse s’est glorifié d’avoir signé diverses chartes internationales s’engageant là préserver terres nourricières, espaces naturels, biodiversité et ressource en eau. Il aurait pu refuser le permis de construire, mais il ne l’a pas fait » Collectif « Préservons la Cité Bergère »

Mais une majorité de candidats ont signé : « Jean-Louis Roumégas (le Printemps Montpelliérain), Nathalie Oziol (LFI), Max Muller (Révolution Permanente), Kadija Zbairi (La Municipaliste), Mohed Altrad (DVC), Rémi Gaillard (Yes we clown) et Philippe Saurel (Montpellier Citoyenne) : « Ils ont bien signé en faveur de la préservation de cette terre agricole », révèle le Collectif de la Cité Bergère qui n’a pas pu contacter toutes les listes « dont certaines annoncées trop tardivement ».

L'intégrité de l'exploitation agricole de la Cité Bergère est menacée par un projet immobilier

Une majorité de candidats ont signé

Le Collectif, très satisfait de cet engagement majoritairement favorable à la préservation du site agricole, déplore toutefois la non-signature du maire actuel de Montpellier, sans s’en étonner : « Michaël Delafosse, qui s’est glorifié d’avoir signé diverses chartes internationales s’engageant les hommes politiques à préserver les terres nourricières, les espaces naturels, la biodiversité et la ressource en eau aurait pu refuser le permis de construire, mais il ne l’a pas fait ».  

Le tribunal administratif a été saisi

Mais cette rencontre avec la presse a aussi été l’occasion pour le collectif et ses soutiens associatifs (les vrais amis du Père Prévostles Gardiens de MontcalmVive Montpellier Nord) de confirmer qu’une action en justice est actuellement menée devant le tribunal administratif de Montpellier contre les deux permis de construire validés par la mairie : celui pour le bâtiment de plus de 60 logements porté par le promoteur et celui du bâtiment de 9 logements destiné aux propriétaires de la Cité Bergère, le famille Colomina.

« En bordure des terres agricoles, il y a un bois classé. Or, il est impossible de construire sur ce que l’on appelle la zone de sanctuarisation. Le projet immobilier est situé justement sur cette zone… »

Maître Tamaris Fürstenheim Avocate du collectif « Préservons le Cité Bergère »

« La procédure est en cours », confirme l’avocate du Collectif Préservons la Cité Bergère, Maître Tamaris Fürstenheim du cabinet Quartier Libre, spécialisé dans le droit de l’urbanisme et de l’environnement : « Nous avons soulevé deux points cruciaux devant la justice : une incohérence sur l’étude hydrologique, effectuée par le promoteur lui-même et que la Ville de Montpellier a pris pour argent comptant… En effet, cette étude a été déposée à la mairie le 1er août 2025 et validée immédiatement par les services de la mairie puisque le permis de construire a été signé le 6 août ! C’est une instruction record ! »

Etude hydraulique pas à la hauteur ?

« Or, dans le permis qu’elle a délivré, la Ville de Montpellier reconnait que les deux niveaux de parking souterrains prévus dans le projet pourront être soumis à des inondations ! Il faut dire que ces parkings s’enfonceront à 6 mètres sous terre, et qu’à cette profondeur, il y a une importante nappe phréatique. C’est la première incohérence grave que nous soulignons.

Le projet empiète sur une zone protégée

« Ensuite, il faut rappeler que sur le terrain de la Cité Bergère, en bordure des terres agricoles, il y a également un petit bois classé et c’est le deuxième point que nous soulevons », enchaîne l’avocate : « La loi est stricte : autour d’un bois protégé, il est impossible de construire sur ce que l’on appelle la zone de sanctuarisation. Or, le projet immobilier est situé sur cette zone de sanctuarisation. Nous demandons donc l’annulation du projet immobilier pour cette raison ».  

Un permis octroyé avant l’application du PLUI-Climat

Toutes les associations présentes ce mardi au Dôme ont souligné « cette aberration » de la Ville qui a signé le permis de construire de la Cité Bergère le 6 août sous le périmètre du PLU alors que quelques semaines plus tard est entré en application le PLUI- Climat de la Métropole. « Dans le cadre du PLUI-Climat, de nouvelles mesures sont imposées aux projets immobiliers, comme une surélévation des bâtiments d’au moins 30 cm pour éviter les inondations afin de mieux prévenir les effets du changement climatique », indique Maître Tamaris Fürstenheim : « Dans le cas de ce projet, cette mesure, parmi de nombreuses autres, ne s’applique pas… La Ville aurait dû attendre l’application du PLUI et demander un sursis à statuer avant de délivrer le permis ». Un point que le Collectif et les associations entendent également signifier à la justice. 

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