Un Montpelliérain de 43 ans devait être jugé en comparution immédiate ce mercredi 2 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier, après avoir tiré à deux reprises sur la façade de l’appartement où se trouvaient son ex-compagne et sa fille dans la nuit du 30 au 31 août. À la demande de la défense, le tribunal a finalement ordonné une expertise psychiatrique et renvoyé l’examen de l’affaire au 28 octobre.
Par Cyril Durand, pour l’Echo des Tribunes
Publié le 2 septembre 2026 à 16h33
Les débats sur le fond attendront. Présenté ce mercredi 2 septembre devant le tribunal correctionnel de Montpellier dans le cadre d’une comparution immédiate, un homme de 43 ans devait répondre de violences sur son ex-compagne avec usage d’une arme, un fusil de chasse en l’occurence.
Les faits remontent à la nuit du dimanche 30 au lundi 31 août, dans le quartier de la Mosson. Vers 2h30, deux coups de feu avaient été tirés en direction de l’appartement où se trouvait son ancienne compagne, dont il était séparé depuis environ un mois.
L’un des projectiles avait notamment traversé une baie vitrée. Des éclats de verre avaient alors atteint au bras une enfant de 7 ans, fille du prévenu, qui se trouvait sur un canapé. Selon Me Tamaris Furstenheim, son avocate, le quadragénaire affirme avoir voulu tirer sur la façade pour « faire peur » à son ex-compagne et assure qu’il ignorait que quelqu’un se trouvait derrière la vitre.
« Je regrette ce que j’ai fait »
Après les tirs, le quadragénaire avait regagné son domicile. La présence possible d’armes à l’intérieur avait conduit les forces de l’ordre à placer le Raid en pré-alerte. Après des négociations avec les policiers, il avait finalement accepté de sortir de son logement peu après 4 h et avait été interpellé sans incident.
Au moment des faits, le prévenu avait consommé de l’alcool ainsi que des médicaments. Lors de son interpellation, son alcoolémie était proche d’un milligramme par litre d’air expiré, soit près de deux grammes par litre de sang. À l’audience, il a évoqué un geste commis dans un contexte de séparation difficile et de forte alcoolisation. « Je regrette ce que j’ai fait », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Le prévenu, père de quatre enfants, a également évoqué sa situation personnelle et les difficultés qu’il traverse depuis plusieurs années. Selon sa défense, il est suivi par deux psychiatres et son état psychologique se serait fortement dégradé après une grave forme du Covid, qui avait nécessité une hospitalisation de 21 jours, avec intubation et coma. L’un de ses psychiatres a fourni une attestation faisant état d’un suivi pour des « troubles psychiques ».
La question de l’intention au cœur du dossier
Au-delà de l’état psychiatrique du prévenu, la qualification des faits constitue l’un des enjeux du dossier. La question d’une éventuelle intention homicide a notamment été évoquée au cours de la procédure. Me Tamaris Furstenheim a défendu le maintien d’une qualification délictuelle. Selon elle, les éléments actuellement versés au dossier ne permettent pas de caractériser une volonté de tuer, ni une préméditation. « Il n’y avait dans le dossier ni intention ni préméditation », explique-t-elle, alors que l’hypothèse d’une tentative d’assassinat avait été envisagée.
La défense décrit au contraire un geste « complètement impulsif », commis sous l’effet conjugué de médicaments et de l’alcool.
Une expertise psychiatrique avant un nouveau procès le 28 octobre
Me Furstenheim a demandé au tribunal d’ordonner une expertise psychiatrique afin d’évaluer l’état de son client et de déterminer notamment si celui-ci était susceptible d’avoir connu une altération ou une abolition de son discernement au moment des faits.
Le tribunal a fait droit à cette demande. L’affaire sera donc examinée sur le fond le 28 octobre prochain, après la réalisation de cette expertise. La présidente, Camille Lacroix, a également ordonné le maintien en détention provisoire du quadragénaire dans l’attente de cette nouvelle audience, suivant le réquisitoire de l’avocate générale Me Alexandra Peyre. Cette dernière a jugé le maintien en détention est nécessaire pour « éviter toute pression sur la famille » et le « risque de réitération ».
L’expertise psychiatrique constituera ainsi une pièce déterminante lors du prochain procès, tant pour apprécier l’état du prévenu au moment des tirs que pour éclairer les circonstances dans lesquelles ce père de famille a pris un fusil avant de se rendre au domicile de son ex-compagne.